LIARD ROBERT

(La LOUVIERE, 1911 - LIEGE, 1988)

 

 

 

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Signature du tableau

 

 

Peintre, aquarelliste dessinateur, graveur. Passe son enfance à Paris. De retour à La Louvière, il bénéficie des conseils et de l'aide de L. Devos et L. Buisseret. Suit des cours de dessin à l'Académie de Liège et se lie avec Zabeau, Scauflaire et Comhaire. Second prix de Rome en 1937. Prédilection pour les portraits, les nus, les figures, les paysages, les sites industriels, les vues de kermesses et de villes, les marines, les natures mortes. Trouve son inspiration dans la région liégeoise, mais la découverte de l'Italie sera une vraie révélation: il y trouve des sujets pour de nombreuses oeuvres. Synthétise ses sujets pour en faire des compositions solides et qui pourtant exhalent une poésie discrète. En 1935, co-fondateur des Groupes Tendances Contemporaines et Dix Pointes et Brosses. Dans les années 50, il est membre du Cercle des Beaux-Arts à Liège, fonde le Groupe Les Artistes de Liège et collabore à la revue L'Esprit Mosan. En 1962, il fonde le Groupe Climat et la revue Sur L'art. De 1949 à 1977, il a enseigné à l'Académie de Liège. Oeuvres dans les Musées de Bruxelles, Ixelles, Tournai, La Louvière, Namur, Liège

 

ARTICLE PARU DANS LA REVUE "LE CAHIER DES ARTS" EN MARS 1959

 

Robert Liard ou le rare équilibre de la rigueur et de la sensibilité (Jean Cadiran)

Parlant de Robert Liard. le critique André Warnod notait avec grande justesse, dans « Le Figaro » : « Les aquarelles de Robert Liard sont sensibles et directes... Il peint patiemment, consciencieusement, essayant d'aller toujours plus loin ». On pouvait difficilement définir plus clairement le dualisme d'où est né le caractère si personnel de tout ce que nous présente cet excellent artiste. Toujours, en toutes ses œuvres, qu'elles soient à l'huile ou à l'eau, nous retrouvons l'aboutissement de ce mariage heureux entre le cœur et l'esprit.

 La sensibilité s'émeut à chaque page de l'énorme cahier de poésie que constituent ses travaux. Plus subtile, plus spontanée, plus pénétrante dans ses aquarelles, plus raisonnée, plus méditée, plus retenue aussi dans ses panneaux à l'huile, elle est ce qui touche d'abord chez lui. C'est par elle que l'on est conquis et que l'on pénètre en ce monde merveilleux de l'enfance dont il a gardé le « sésame ». Quand on le connaît, on retrouve vite en sa peinture la tendresse rêveuse dont son regard poursuit la vie. Mais l'intelligence qui éclaire son regard et modèle son front s'y affirme avec une force tout aussi indiscutable. Sans jamais se heurter ni se nuire, se complétant au contraire avec un rare bonheur, s'équilibrant harmonieusement pour notre plus grand plaisir, la sensibilité et l'intelligence imposent leurs lois, parfois contraires, à son pinceau docile. Et le miracle est que, les années passant, la première n'ait rien perdu de sa charmante jeunesse tandis que la seconde ne cesse de s'épanouir dans le sûr mûrissement qu'apportent l'étude, le commerce prolongé des maîtres, les voyages qui élargissent les horizons de l'âme.

Une grande exposition à Bruxelles, où se trouvaient réunies quelques quarante toiles d'une inspiration toujours sincère quoique des plus variées, parmi lesquelles s'imposaient avant tout des natures mortes d'une élégance, d'une solidité, d'un raffinement puissant et exquis, une autre à Liège, sa patrie d'adoption, où il avait osé, malgré le goût du public belge pour les matières riches et les pâtes généreuses, ne montrer que des peintures à l'eau, viennent de démontrer brillamment à quel succès Robert Liard peut atteindre en restant fidèle aux deux traits dominants de sa nature contrôle inlassablement sa brosse lui interdisant, avec une sévérité devenue rare de nos jours, tout ce qui ne serait pas indispensable. I.'anecdote est bannie avec autant d'austérité que le détail superflu, la petite facilité amusant ou l'habile rouerie dont se délecte trop souvent l'amateur.

Cet art attachant, séduisant même, demeure toujours rigoureux. L'artiste qui a le courage de se refuser ainsi les joies du galop libre et se tient aussi court les rênes pourra peut-être buter parfois devant l'obstacle, il y reviendra et finira toujours par le franchir. Il n'est guère de garantie plus sûre de durée. Robert Liard, au seuil de la maturité, est déjà une des va leurs les plus stables de notre peinture. On ne risque rien en lui promettant un avenir... un avenir aussi solide que l'équilibre, réalisé en son œuvre, entre la rigueur un peu froide de l'esprit et la douceur irisées de la sensibilité.



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