GUSTAVE CAMUS

(Châtelet, 1914 - Mons, 1984)

 

 

 

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La nécessité intérieure qui habitait Gustave Camus détermina une longue route jalonnée par trois étapes principales. La première est celle de sa participation au groupe Nervia; ses tableaux reflètent l'animisme ambiant, les scènes sont intimistes, les portraits mélancoliques, irradiant une certaine douceur; la tendresse domine. La deuxième étape, considérée comme charnière, débute en 1946 et se trouve liée à la Bretagne; l'artiste se cherche, l'ombre de Gauguin flotte dans l'air. Enfin la période de maturité: l'angoisse existentielle qu'éprouve l'artiste l'engage à tenter une réconciliation de l'art et de la science. L'influence de Léger se fait sentir: les formes se simplifient, se stylisent, la perspective disparaît, une austérité voulue décante le tableau, les symboles s'imposent. "Conquérir un style, telle semble avoir été la volonté du peintre. Ce but s'exprime parfois avec une violence qui peut heurter, avec un chromatisme qui recherche le contraste, avec des formes qui, par la synthèse, accentuent la force et, par la répétition, donne naissance au rythme" (Ph. Roberts-Jones). L'angoisse subsiste et les questions demeurent: les enchevêtrements de corps en apesanteur, les personnages stylisés s'étirant à la verticale, répétant inlassablement des gestes articulés, ce graphisme épuré, ces tensions rythmées font de l'oeuvre de Camus un art puissant, d'un expressionnisme nouveau d'essence wallonne. Professeur puis directeur de l'Académie de Mons, Gustave Camus fut un pédagogue éclairé: il éveilla de nombreuses vocations et forma nombre d'élèves dont certains se groupèrent au sein du groupe Maka, qu'il parraina en 1971.

 

 

 

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