ANDREE BOSQUET

(Tournai, 1900 - 1980)

 

 

 Ce tableau a été vendu par LA GALERIE DU PISTOLET D'OR. Cliquez sur l'image pour voir les oeuvres exposées

 

 

 

 

Bien que ses parents fussent montois, Andrée Bosquet est née à Tournai le 13 mars 1900 et décédée à La Louvière en 1980. Elle eut une enfance choyée. Son père, brillant mathématicien, enseignait à l'Ecole des Mines de Mons, mais consacrait tous ses loisirs à la musique et aux Beaux-arts. Il avait formé un quatuor auquel participa Frans Depooter et où Andrée jouait du piano. Fait rare avant la Première Guerre mondiale, il achetait des revues d'art et fit ainsi connaître à sa fille les grands peintres de son époque.

Après ses études primaires et secondaires à Mons, elle s'inscrit aux cours de pastel de Marguerite Putsage (1868-1946) dès l'âge de seize ans et de peinture et d'aquarelle chez Anto Carte.

Elle entre à l'Académie des Beaux-Arts de Mons, à une époque où l'on estimait que ce n'était pas un lieu à fréquenter pour une jeune fille de la bourgeoisie! Mais ses parents comprirent qu'il fallait la laisser aller vers sa vocation. A l'Académie, elle suit les cours de peinture et de dessin auprès d'Emile Motte, mais elle dit avoir beaucoup appris en autodidacte, avec ce souci de perfection qui la caractérisait. Elle commence à peindre vers 1920 - 1924, mais peu d'oeuvres nous restent connues de cette époque.

En 1923, elle épouse Frans Depooter et, en 1926, ce dernier ayant décidé de ne plus travailler dans l'entreprise de son père, le jeune couple s'installe à Wauthier-Braine et se lance dans l'élevage avicole croyant que cette activité leur laisserait du temps pour peindre. Mais ils durent vite déchanter et ne purent reprendre sérieusement la peinture qu'après 1930.

Andrée avait alors trente ans. Tout en assumant ses occupations ménagères, jardinières, maternelles et d'épouse, elle trouva le temps de reprendre ses pinceaux et ses crayons et fusains, car elle dessinait beaucoup et n'entreprenait jamais une peinture sans plusieurs esquisses préalables.

Sa fille Louise nous racontait qu'elle aimait travailler en solitaire, restant à l'écart de toute école, de toute nouvelle tendance. Elle oeuvrait avec sérieux, observant, réflechissant, approfondissant et reprenant plusieurs fois le même sujet, dans son atelier qui était pour elle un havre de paix où régnait une atmosphère de recueillement, tout en écoutant, en sourdine, de la musique classique.

Modeste et discrète, elle exposa peu mais participa, dès 1934-1935, à des salons d'ensemble au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, aux Salons quadriennaux de Liège et de Gand. Elle exposa encore avec les groupes Nervia (1936) et Le Bon Vouloir.

Elle eut aussi des expositions personnelles en 1939, à la galerie Breughel, au Cheval de Verre, et au Mont-des-Arts à Bruxelles après 1945. Des expositions rétrospectives (avec F. Depooter) se tinrent au Chateau du Karreveld à Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles) en 1989, au Musée Ianchelevici en 1989 et une grande rétrospective de son oeuvre eut lieu au Musée des Beaux-Arts de Mons en 1992.

Ses oeuvres se retrouvent dans les musées des Beaux-Arts de Mons, de Gand, de Liège, d'Ixelles, de La Louvière, dans les collections de la Commune de Molenbeek-Saint-Jean et d'Uccle, de la Province de Brabant et de la province de Hainaut et dans les collections de l'Etat belge.

Andrée Bosquet a reçu le Prix de l'Académie Royale de Belgique en 1963. Elle fut membre de l'Association internationale des Arts plastiques, du cercle Le Bon Vouloir à Mons et des Amis de L'Art à La Louvière. Elle est chevalier de l'Ordre de Léopold II.

L'art et la personnalité d'Andrée Bosquet s'inscrivent hors des clivages, hors des écoles définies par la critique ou l'historien. Le monde qu'elle a créé n'est pas passé par des balbutiements. Il a jailli spontanément d'une sensibilité rare, d'un "état de grâce" : c'est la poésie faite peintre. Poésie-peinture....peinture-poésie, cela pourrait toucher au symbolisme, si ce dernier n'était si fortement attaché aux idées littéraires, à l'inconscient, aux souvenirs romantiques...Andrée Bosquet vit dans un univers transfiguré par sa vision illuminée qui s'exprime par une technique modulée et dans des compositions toujours cohérentes. Jean Cadiran parle de l'économie de l'artiste et Robert Liard décrit parfaitement sa technique picturale: "Elle l'entreprend par des travaux d'approche et travaille en profondeur pour dégager un maximum de simplifications formelles. La couleur suggère en des demi-teintes délicates, blondes, dorées, brunes et grises, soutenue par un dessin écrit avec fermeté...Elle arrive à une espèce de communion entre la vérité intérieure de son modèle et une importante somme de poésie."

A propos d'Andrée Bosquet, Paul Caso évoque l'art de Van de Woestyne et la rencontre avec l'oeuvre de Carrière. Mais il semble qu'il y ait là simple parenté, l'une dans la technique, l'autre dans l'inspiration. Par ailleurs, l'Italie et les paysages du Quattrocento semble avoir marqué la sobriété de ses propres paysages et de sa palette. D'autres part, on peut se demander si le contact avec le groupe Nervia, dont Frans Depooter était membre actif, n'a pas eu un lien ténu avec l'atmosphère élégiaque de l'artiste? Certains ont pu dire que son art était naïf. A tort, car sa technique est le résultat d'un aboutissement et cette "naïveté", si il y avait, résiderait plutôt dans la fraîcheur de coeur et d'esprit que l'artiste a su garder tout au long de sa vie et qui transparaît dans sa peinture. Andrée Bosquet est avant tout une coloriste et c'est là que se situe un aspect de l'unité de son oeuvre. En effet, les coloris sont toujours extrêmement nuancés, jamais de tons violents, ni criards ni purs, bien qu'une note vive, ou acide, ou encore un noir profond viennent accentuer l'ensemble. Mais toujours dans ses toiles, règnera une harmonie de demi-teintes délicates et lumineuses, aux subtilités chromatiques discrètes. L'on a pu dire à ce propos que c'était là le propre d'un art féminin. On ne peut que se réjouir alors de cette douceur sans fadeur, de cette finesse de coloris, d'une palette qui, au fil du temps, ira en s'éclaircissant et sur laquelle les tons pastels de vert amande, de blanc nacré, de bleu passé, de blond ocré s'harmoniseront d'une manière éblouissante.

Un autre aspect de cette très grande unité, qui se retrouve aussi à travers toute son oeuvre, est le choix des sujets: la figure. Si les enfants ont été ses modèles privilégiés, particulièrement de jeune villageois de Wauthier-Braine, sa fille surtout et plus tard, ses petits-enfants seront ses sources d'inspiration favorites.

Enfin deux autres caractéristiques qui resteront constantes dans son oeuvre est d'une part, son grand dépouillement; l'artiste va à l'essentiel, sans détails inutiles ou anecdotiques, dans un grand souci de simplification, d'épuration qui ira en s'accentuant avec le temps et, d'autres part, le dernier aspect est cette profonde spiritualité qui imprègne toute sa production et la transfigure: une atmosphère insolite, dérangeante parfois, mais toujours paisible.

 

EXEMPLES D'AUTRES OEUVRES D'ANDREE BOSQUET

 

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ANDREE BOSQUET DEVANT  LA CRITIQUE

 

Andrée Bosquet est une de nos artistes qui a gardé le plus de sensibilité féminine: qu'elle peigne une nature morte, un portrait (qui est toujours une oeuvre dépassant de beaucoup la simple effigie) ou une scène plus libre, comme sa délicieuse petite toile "l' Escarpolette" , on retrouve toujours chez elle cette dignité, cette sobriété de tons et de facture, cette simplicité de composition et de sentiment extrêmement délicat qui font de toutes ses oeuvres un régal pour les yeux et pour l'âme.

Henri Kerels, 1948

 

Andrée Bosquet se montre peu. Son art n'est guère répandu et cependant la notoriété dont elle jouit, l'estime dont on l'entoure, prouvent qu'elle appartient à l'élite de notre peinture contemporaine. La gravité, la noblesse, la bonne grâce, la distinction et la réserve la plus délicate font le charme de cette peinture qui ne ressemble à aucune. Le place d'Andrée Bosquet est importante. Son oeuvre n'est pas abondante, aussi n'y trouve-t-on pas de déchets. On peut donc saluer, sans réserve, cette rare artiste.

Stéphane Rey, 1958

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

andreebosquet.jpg (217852 octets)  "Andrée Bosquet, un coin de planète bien à elle...", Paul Caso, Bruxelles, les éditeurs d'Art Associés, 1984, 90 pages.

 

depooterbosquet.jpg (153059 octets)  "Frans Depooter et Andrée Bosquet", rétrospective à l'Hôtel communal de Schaerbeek du 21 octobre au 20 novembre 1994, 47 pages

 

 

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